Toi moi et bébé

Mercredi, mars 14, 2012

Comment sortir d’une voiture qui coule

par toimoietbebe le 14 mars 2012

Devenir mère amène son lot d’angoisse et de peurs.  Certaines sont fondées, d’autres, moins, si on garde en tête la probabilité que tel ou tel événement arrive pour vrai.  Le problème c’est qu’on ne choisit pas nos peurs et qu’elles ne sont pas toujours proportionnelles à la probabilité qu’elles se réalisent.

Et bien moi, j’avoue qu’une de mes peurs, c’est d’être impliquée dans un accident avec mes enfants à bord, et ne pas être capable de les sauver.  J’ai rêvé dernièrement que ma voiture plongeait dans l’eau, qu’elle se remplissait vite et que je n’arrivais pas à les détacher.  Peut-être que j’ai rêvé à ça parce que je n’en peux plus de me battre avec les sièges d’auto avec harnais 5 points, les habits de neige… avec les mitaines accrochées par un cordon, qui restent TOUJOURS prises dans les courroies quand ils essaient de descendre, et parce que je sais combien de temps ça prend installer deux enfants dans une voiture dans ces conditions ‘normales’!

Alors je l’avoue : j’ai recherché dans Google : How to escape from a sinking car.  Oui, oui! pour savoir comment faire pour se sortir d’une voiture qui est en train de couler.  Après tout, vaut mieux être préparé.  Est-ce que je vis dans une zone inondable? Non. Une zone à risque de tsunami?  Non.  Est-ce que je passe sur un pont glacé sans garde-fou à tous les jours? Non! Est-ce que je roule souvent sur des routes au bord de l’eau, ou même, sur des digues?  Euh… non.  Est-ce que je conduis prudemment? Oui. Mais, j’ai quand-même pensé à ce qui arriverait si…

Parce que depuis que j’ai des enfants, je ne vois plus les choses de la même façon.  Je vois des risques potentiels là où je n’en voyais pas avant.

Dès la naissance de mon premier garçon il y a 4 ans, je suis devenue très angoissée à l’idée qu’il lui arrive quelque chose.  J’avais peur de l’échapper, de tomber dans l’escalier avec lui dans les bras, j’allais régulièrement dans sa chambre mettre mon doigt sous son nez pour vérifier s’il respirait bien.  Ça se reflétait même dans mon sommeil : je me suis mise à être somnambule.  J’avais souvent l’impression que papa était en train d’écraser le bébé (qui ne dormait même pas dans notre lit!), ou que je le tenais dans mes bras et qu’il disparaissait quelque part dans les draps.  Vous avez vu le film L’orphelinat? Quand la mère a l’impression de serrer son fils dans ses bras et qu’elle se rend compte qu’elle ne tient en fait qu’un tas de couvertures?  C’était la sensation que j’avais.

Je bondissais même parfois hors de mon lit pour ‘attrapper’ mon bébé qui, je pensais, était en train de tomber du plafond.  Ce n’était évidemment pas très reposant, ni pour moi, ni pour papa qui se faisait réveiller en sursaut par sa femme deux à trois fois par nuit pendant les six premiers mois de vie de son fils.  Une vraie folle!

J’ai sécurisé la maison.  J’ai mis une barrière dans l’escalier, mis des arrêts de porte pour que bébé ne puisse pas aller fouiller dans l’armoire à produits nettoyant, j’ai mis un grand tapis de mousse dans son aire de jeu, pour qu’il ne se cogne pas la tête trop dur pendant cette fameuse phase où l’activité principale d’un bébé est de se hisser debout sur tout ce qu’il trouve, puis de tomber à la renverse, tête première!

Mais malgré toutes mes précautions, bébé s’est fait mal plusieurs fois, s’est écorché le visage au complet en tombant sur le trottoir, s’est pincé les doigts en se refermant un tiroir sur la main… et s’est cogné la tête d’innombrables fois.  Bon, je lui ai probablement évité quand même quelques chutes, mais j’ai compris que je ne pouvais pas empêcher qu’il lui arrive quoi que ce soit tout le temps.  Je me suis résignée et j’ai accepté que parfois, les petits bobos donnent des leçons qui permettent d’en éviter des plus gros.  J’emploie le terme ‘résignée’ parce que c’est vraiment ça.  Je me contrôle, parce que je ne veux surtout pas transmettre mes craintes à mes enfants et je veux qu’ils fassent leurs expériences et aient confiance en eux mais… je ‘stresse’ quand-même souvent en cachette.

Est-ce que vous avez une crainte par rapport à la sécurité de vos enfants, qu’elle soit rationnelle ou pas, dont vous n’arrivez pas à vous débarrasser? Où se situe la ligne entre avoir des craintes normales et être carrément parano avec nos enfants?

Et vous vous demandez, maintenant que le sujet est sur la table, comment sortir d’une voiture qui coule? Les instructions sont ici et ici.

Crédit photo : Brian Tomlinson

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